Des danses anciennes aux danses modernes

Le tango argentin

Né à Buenos Aires vers 1830, le tango argentin est l’enfant métis de l’émigration européenne et de celle involontaire des esclaves venus d’Afrique, c’est l’enfant rebelle de l’espoir de conquête d’un eldorado inexistant avec la découverte d’un rêve déçu, c’est la mélancolie d’un peuple fier au destin sans cesse brisé.

Cette danse issue des faubourgs qui aurait pu disparaitre pour des raisons tristement politiques, renait aujourd’hui, en Argentine mais aussi dans toutes les grandes capitales Européennes et bien sûr à Paris où l’on peut chaque soir danser dans les milongas.

Mieux qu’une danse, le tango est une promenade à deux sur des rythmes marqués par l’envie de découvrir cet autre soi-même que sans trêve chacun recherche chez l’autre.

Une danse à deux où la communication qui s’établit en les deux partenaires illumine d’élégance et d’harmonieuse beauté les pistes de danse.

Si simple dans son principe, le tango est avant tout une marche où l’homme pas à pas guide la femme en la poussant sur la ligne de danse, les pas se font en avant pour l’homme en posant d’abord la plante du pied, en arrière pour la femme, le mouvement part de la hanche, la jambe est tendue avec élégance, la danseuse ne pose que rarement le talon au sol.

Un pas de coté et un pas croisé complètent le dispositif et … c’est tout !

Pourtant avec ces trois pas de base, les danseurs  inventent  des chorégraphies riches et sans cesse renouvelées où les jambes se mêlent et s’entrecroisent au rythme binaire du tango scandé par un bandonéon, une guitare ou si l’orchestre est plus riche, un piano, une contrebasse et le chant d’un violon.

Depuis les tangos du français Carlos Gardel jusqu’au tango nuevo de Piazzolla, la danse se faufile et prend ses quartiers de noblesse dans les grandes capitales européenne, Paris, Londres, Berlin.

Elle devient la danse urbaine des étudiants, des bobos, des branchés citadins du monde, elle s’exporte dans les grandes villes de province et dans toutes les capitales européennes où parfois, comme à Moscou elle est la danse de la nouvelle aristocratie argentée et se pratique dans les plus beaux théâtres ou les plus grands hôtels.

A paris elle se pratique chaque soir dans de petites milongas tenues par des passionnés.

Des habitués de tous âges et de toutes conditions sociales s’y côtoient pour partager leur passion.

Les lieux où danser sont si nombreux qu’il est possible de danser chaque soir dans 2 ou 3 endroits différents.

Certain mordus commencent dans un endroit vers 16 heures, puis se rendent dans un autre vers 20  heures, dansent, puis vont diner avant de finir la soirée dans un troisième endroit qui lui n’ouvre qu’à 22 heures …