Des danses anciennes aux danses modernes

Les danses latines

Parler de danse « latines » pour les puristes et les compétiteurs se limite à parler de cinq danses, le paso-doble, le chachacha, la rumba lente, la samba et le jive.

Il existe un grand nombre d’autres danses latines, mais elles sont regroupées dans ce qu’il est convenu d’appeler les danses « typiques »

Ces danses latines sont toutes, sauf le paso-doble nées en dehors de l’Europe.

Issues de Cuba, pour le chachacha et la rumba, du Brésil pour la samba et des états unis pour le rock’n roll-jive elles présentent toutes une façon de poser les pieds, « la plante d’abord », qui les distinguent formellement des danses standards.

Dansées en face à face sans vraiment s’enlacer, ces danses s’exécutent surtout en compétition dans des tenues nettement plus sexy que les danses standards, elles autorisent aussi une plus grande liberté de créativité dans les figures et les chorégraphies que celles admises en danses standards.

 

Le chachacha et la rumba lente

 Ces deux danses issues de Cuba semblent très proches dans les figures proposées, « alemana, spot-turn, new-york, fan, ok stick … se retrouvent dans les deux danses mais c’est leur « philosophie » qui est différente et qui les distingue nettement l’une de l’autre.

 

La rumba 

Cette danse originaire de Cuba emprunte ses pas de bases à la Habanera et au mambo.

La première version de la rumba lente est une danse proche du boléro, les danseurs sont  proches l’un de l’autre et enlacés, la rumba-boléro est encore aujourd’hui danser  sous cette forme dans les bals musette.

Puis dans les années 40 elle évolua vers une danse en face à face a la fois plus langoureuse avec l’introduction du pas dit « merengue » (caractéristique de la façon de marcher des esclaves aux pieds nus qui pour ne pas se blesser sur les chemins pierreux posent le pied en 2 temps) et la pratique en alternance de phases plus dynamiques telles que les figures précitées, alemana, fan et autres spot-turn…

En compétition aujourd’hui, les danseurs de rumba ont développés nombre de chorégraphies sensuelles et sportives qui n’ont plus grand-chose à voir avec la danse originelle.

Mais la rumba, danse sportive de référence est  de ce fait définie aujourd’hui comme la danse de séduction par excellence.

 

Le chachacha est une danse plus joyeuse, amicale, née dans les années 50 à Cuba.

On y fait assaut d’élégance et de sportivité, les musiques bien marquées à quatre temps (4/4 bpm 100 ou 120) sont entrainantes et rythmées par des percussions de type africaines.

Issue du  mambo, alternant un déplacement sur les bases (temps 2 et 3 de la musique) et des pas chassés sur le temps du triple mambo, le chachacha dont le nom provient du son crée par le déplacement caractéristique des pieds sur les temps 4 et 1 de la musique est devenu l’une des danses latines les plus pratiquées dans le monde, incitant les artistes et chanteurs actuels à écrire et enregistrer des « chachas » modernes.

 

La samba

Danse latine mais non de langue espagnole, la samba vient du Brésil.

C’est la danse du carnaval, l’institution reine des Cariocas, la « danse-religion » des écoles de Rio.

C’est donc avant  tout une danse de défilé, elle mêle sur des rythmes rapides des petits pas déhanchés sur place et des pas de promenade, elle se danse seul en défilé, elle se danse à deux avec de grand déplacement autour de la ligne de danse en danse de salon et danse sportive.

Sa rythmique particulière 1 et 2, 3 et 4 se danse sur ¾ de temps, ¼ de temps et 1 …

Une version joyeuse mais assez pauvre en figure est pratiquée en bal musette et salon et une version sportive comportant des « samba walk, samba side et autres bota fogos est pratiquée en compétition.

 

Le paso-doble 

 

Seule danse latine issue du vieux continent, elle prend ses origines dans l’Espagne traditionnelle et adepte de la tauromachie.

Ce pas de deux, est avant tout une marche, celle des toréros qui entrent dans l’arène sur des musiques majestueuses et martiales pour y combattre le taureau.

Pour la danse l’homme en dansant est le toréro, la femme la cape avec laquelle il va jouer avec le taureau.

C’est pourquoi il faut afficher dans cette danse dite de caractère l’allure martiale et fière du toréro partant à la conquête des aficionados.

Venue d’Espagne le paso-doble en franchissant les Pyrénées prend un grand essor dans le sud de la France et obtient une notoriété telle que de nombreuses figures de base prennent encore aujourd’hui en compétition des noms français tels que le huit, la cape ou la dentelle.

Le paso-doble se danse sur une musique à deux temps (2/4, tempo médium de 60 bpm) les musiques ont une forte connotation espagnole liée à son origine bien marquée.

Le paso-doble en compétition est une danse très sportive avec des références marquées au flamenco et aux sévillanes d’Andalousie, mais c’est aussi une danse de bal très prisée par toutes les générations et largement pratiquée en danse de bal-musette, danse de salon, thés dansants, mariage et communions en tous genres.

 

Le rock n’roll « Jive »

 

Né vers la fin dès années 40, le rock n’ roll est le fils légitime du jazz, du Rythm and blues des noirs américains et de la musique country des blancs.

En passant d’un rythme ternaire à un rythme binaire plus marqué, le Rockabilly, le rock des années 50, le seul « vrai rock » disent les accros, va conquérir le monde de la danse.

Il se danse à deux, avec de fortes variantes dans la pause des pieds, on parle, à tort, de rock à 4 temps et de rock à 6 temps, la musique est à 4 temps sur des tempos qui vont de médium à rapide, ce sont les danseurs qui marquent soit 4 pas soit 6 pas sur le fameux 1,2, 3 et 4, 5 et 6 tellement répété dans les cours de danse.

En pointé-posé ou en pied, pied, pointe, pointe, pied, le rock se marque et se roule de multiples façons.

Il a donné naissance ou bien s’est inspiré des Jitterbugs, Boogie-woogie, Swing (West coast ou non), Balboa et même, joli paradoxe pour cette danse contestataire au fameux « Rock Versaillais » dansé lors des « rallyes » organisés par la bourgeoisie de Versailles et de Paris 16ème pour que leurs enfants continuent à fréquenter le « monde correct ».

Cette danse joyeuse et tonique propose de multiples figures, environ 70,  aux noms évocateurs, la traversée, l’essuie glace, le berceau…

En compétition, le rock se danse selon la discipline choisie en version acrobatique, en version swing ou en version Jive.

C’est uniquement cette dernière qui entre dans la catégorie des danses latines des concours officiels.

A noter que jouer sur un tempo lent, le rock n’roll devient le slow rock si cher aux adeptes des rapprochements câlins sur la piste de danse.