Bien se conduire

Bien se conduire ...

Danser à deux, c’est d’abord respecter l’autre, respecter son choix de danser ou pas avec vous, c’est aussi respecter les autres, tous les autres acteurs du bal.

Tout n’est pas écrit, loin s’en faut, pourtant, outre la réglementation applicable aux lieux recevant du public, chaque établissement se doit de faire respecter des règles de sécurité et de bon sens, notamment pour ce qui concerne la piste de danse, l’interdiction aux enfants de moins de trois ans de batifoler sur le parquet où les danseurs évoluent.

Ce n’est pas toujours le cas, car les enfants et c’est bien normal, adorent s’amuser, se dandiner et courir sur la piste de danse au milieu des danseurs, mais leurs parents doivent savoir qu’une loi  89-468 du 10 juillet 1989 interdit cette pratique, mais surtout c’est une question de sécurité pour les enfants et pour les plus anciens …

Au-delà de toutes dispositions légales, pour se déplacer dans la salle de bal comme pour se déplacer sur la route au volant de sa voiture, il est nécessaire pour éviter les incidents de connaitre et de respecter les codes du bal.

 

L’hygiène corporelle :

 

La plupart du temps, les dirigeants de salle de danse vous imposent pour être admis dans leur établissement  une « tenue correcte »  que bien sûr chacun appréciera en fonction de ses goûts vestimentaires, mais cela signifie au minimum que baskets et jeans sont proscrits et que bien souvent on demandera aux Messieurs de porter une veste et une cravate sauf parfois en été.

Mais la première tenue correcte est celle de l’hygiène…

Etre propre, sentir bon, avoir une haleine fraîche.

Prévoir une seconde chemise pour se changer en cas de transpiration excessive est pour vous Messieurs, (euh Mesdames aussi parfois), un minimum requis.

Car il est parfois fort désagréable après avoir invité ou accepté l’invitation de l’autre de le découvrir couvert de sueur et sentant d’avantage le poney ou la cigarette que le dernier parfum de grande marque que vous-même avez revêtu pour l’occasion.

De plus après avoir dansé plusieurs heures, après vous être éclaté grave sur la piste de danse, il est judicieux de se changer avant de sortir pour tout simplement ne pas prendre froid.

  

L’invitation :

Dans toutes les salles de danse, à l’exception de la « milonga », lieu où l’on danse le tango argentin dont nous parlerons plus loin, il est d’usage que ce soit le danseur qui invite la danseuse.

Cette invitation, Messieurs doit être élégante et courtoise…

Pas question de « siffler » sa danseuse, même dans les bals musette, ni de lui faire, de loin, un signe plus ou moins machiste, il convient tout au contraire de vous déplacer, de vous incliner avec respect devant la danseuse et de l’inviter courtoisement à vous donner sa main pour la conduire sur la ligne de danse pour danser ensemble la série qui s’annonce.

Bien sûr comme le dit l’adage, l’homme propose et la femme dispose, ce qui Messieurs vous expose à essuyer parfois un refus.

Cuisante humiliation parfois, qu’il vous appartiendra d’accepter avec un sourire et la noble attitude de celui qui sait qu’il dansera de toutes façons ce soir avec d’autres jolies  femmes plus disponibles.

Mais tout de même, Mesdames, vous qui bien sûr avez le choix des bras qui vous feront danser, si vous souhaitez refuser l’invitation, faites le, vous aussi avec courtoisie, sourire et une petite excuse du genre, merci beaucoup, mais j’ai déjà réservé cette danse, ou encore, merci, mais je suis un peu fatiguée et je dois reprendre mon souffle…

Bref ne laisser pas le Monsieur en butte aux quolibets de ses copains qui assistent à la « veste » qu’il vient de prendre.

Car dans le cas contraire, les bons danseurs, tout concurrents qu’ils soient, s’échangent, comme vous le faites vous aussi Mesdames, aux toilettes ou au bar, les bonnes infos et si vous êtes désagréable ou trop difficile, vous ne tarderez pas à être sur la liste rouge de celles qu’on n’invite plus et qui font alors « tapisserie », car on ne les voit même plus se détacher sur le mur où elles attendent.

Les argentins,  peuple latin et fier s’il en est, ont mis en place dans les milongas, un autre code, une autre manière d’inviter, aussi élégante mais plus discrète destinée à ne jamais « prendre de veste », car la fierté de l’argentin ne saurait s’accommoder d’un refus en public.

Le vrai danseur de tango ne va jamais chercher sa danseuse.

Si vous ne connaissez pas le code, vous verrez les couples se former sans comprendre et vous ne danserez pas.

Dans les milongas traditionnelles, les couples constitués ont leurs tables, tandis que les hommes seuls sont d’un coté de la salle et les femmes seules de l’autre.

L’invitation se fait à distance, c’est le «cabeceo», cet infime mouvement de la tête fait par un danseur en regardant droit dans les yeux la femme qu’il veut inviter, si la dame ne souhaite pas accepter l’invitation du danseur, il lui suffit de détourner la tête et tout est dit.

Si par contre l’invitation lui convient, il lui suffit alors d’un infime mouvement de tête ou d’un sourire adressé en réponse par la femme au danseur, chacun se dirige alors l’un vers l’autre sur la piste de danse et le couple se forme sans que personne n’en ai rien vu.

Alors Mesdames, à la milonga, vous qui êtes la reine de la fête, soyez attentive aux regards qui se posent sur vous et ayez l’audace d’y répondre sinon vous vous transformerez, même jeune, jolie et très élégante en «planchadoras » équivalence en ce lieu chargé de culture hispanique des «tapisseries » du bal de salon.

 

La notion de ligne de danse :

 

La ligne de danse est différente selon la danse pratiquée :

-1 s’il s’agit d’une danse (souvent standard) telle que la valse, le tango, le paso doble, le fox trot ou le quick-step  qui demande de longs  déplacements sur la ligne de danse, cette ligne de danse est alors représentée par une ligne imaginaire, proche du bord de la piste de danse que les danseurs parcours dans le sens antihoraire (sens inverse des aiguille d’une montre).

Elle peut comporter, comme une route pour automobile,  dans le même sens de circulation, un, deux  ou trois couloirs maximum, mais en général, la route est à deux voies.

Comme sur la route, on fait attention à ne pas heurter les autres « véhicules », notamment celui qui vous précède, si celui-ci exécute une figure sur place, on se doit d’adapter sa propre chorégraphie afin de ne pas le bousculer et dans la mesure du possible de ne pas le doubler.

En principe vous ne pouvez doubler que si le couple qui vous précède se déplace vers l’intérieur de la piste de danse, vous laissant ainsi une place pour passer dans le couloir le plus à l’extérieur de la ligne de danse.

Les danseurs les plus expérimentés se déplacent au plus près du bord de la piste, pour faire le plus de  chemin possible sur la piste de danse, les danseurs débutants qui les voient arriver ainsi à grande vitesse, se déplacent alors progressivement vers le centre de la piste pour leur laisser la place ce qui fait dire que ceux qui dansent au centre de la piste sont les plus malhabiles…

Malgré tout si vous devez doubler un couple qui s’attarde trop sur sa position, alors faites le sur sa gauche en prenant toutes les précautions utiles comme lorsque vous êtes au volant de votre voiture… un petit coup d’œil derrière, une accélération franche et précise en exécutant une chorégraphie adaptée et retour immédiat sur votre ligne de danse.

Les orchestres ou le Dj passent en principe deux ou trois morceaux de la même danse, il est d’usage de danser ces deux ou trois danses avec la (le) même partenaire.

 

Pour le cas du tango argentin, « l’usage » est une obligation, car chaque séquence est organisée par « tangas » c’est-à-dire trois danses identiques séparées par une « cortina » un rideau musical, sorte d’intermède représenté par un morceau de musique de danse non pratiquée en tango argentin, telle qu’une salsa ou un rock’n roll et qui constitue le moment où l’on peut, mais ce n’est pas obligatoire, changer de partenaire.

Puis, sauf à danser avec son ou sa partenaire attitré(e) il est d’usage de remercier la dame et de la raccompagner  à sa place avant de d’inviter une autre danseuse.

 

-2 s’il s’agit d’une danse, en général « latine », telle que le chachacha, la rumba cubaine, le rock’n’roll ou la salsa portoricaine, la notion de ligne de danse telle que précédemment définie disparait au profit d’une évolution des danseurs en face à face dans une sorte de rectangle virtuel d’environ 2,5 mètre de long sur 1,5 mètre large.

Les danseurs exécutent, tout au long du morceau,  leur chorégraphie dans ce rectangle en changeant tout au plus de place, le danseur prenant la place de la danseuse et vice-versa.

C’est cette façon de danser qui permettait aux rockeurs des années 50 de danser à plusieurs dizaines de « rats des caves » dans les caves minuscules caves voutées de Saint Germain.

Une précision, si vous avez la chance de danser avec un orchestre, Messieurs commencer toujours vos chorégraphies face à l’estrade de l’orchestre car nos amis les musiciens, souvent des hommes, préférerons toujours voir tourner les jupes de vos danseuses plutôt que d’admirer vos dos musclés.

 

Les vêtements adaptés.

 

Outre le fait que vous devrez avoir une tenue correcte, le choix de vos vêtements n’est pas anodin.

Messieurs soyez élégants, dans une tenue où vous êtes à l’aise pour bouger, mais le plus important pour vous est sans doute la chaussure !

Pas de semelles de crêpe qui ne glisse pas, pas de chaussures trop pointues qui « allongent » vos pieds au point de les rendre dangereux pour ceux de votre danseuse, procurez vous des chaussures de villes souples, à semelles de cuir et dès que possible allez dans une boutique spécialisée vous offrir une paire de chaussures de danse.

Qu’ont-elles de si merveilleux, ont-elles en mémoire les chorégraphies enseignées par votre prof de danse, vous donnent-elles en permanence le bon tempo ?

Bien sûr que non, mais elles seront souples et légères comme des chaussons tout en vous maintenant le pied comme une chaussure de ville et surtout leur semelle de feutre vous permettra de jolis pas glissés sans déraper et si au pire vous heurter par malchance le pied fragile de votre danseuse préférée, vous ne lui ferez pas trop mal…

 

Vous aurez le choix entre les talons pour les danses « standards » de 2 à 2.5 cm de haut et les talons de chaussures pour les danses latines de 3 à 5 cm.

Ces dernières chaussures sont plus difficiles à porter, elles sont réservées aux compétiteurs qui pratiquent les danses latines et aux danseurs de petite taille qui veulent gagner quelques centimètres pour se porter à la hauteur d’une danseuse vraiment plus grande.

Faites cet achat, Messieurs, une paire de chaussure de danse ne se portant que sur la piste de danse, elle vous fera plusieurs saisons.

 

Pour vous Mesdames, le choix de votre tenue est essentielle, elle se doit d’être élégante et féminine, le pantalon est déjà porté par le danseur alors de grâce choisissez une robe ou une jupe pour danser.

A proscrire les jupes droites, trop serrées qui outre le fait qu’elles ne « tournent » pas, ne permettent pas au danseur de glisser sa jambe entre les vôtres ce qui par exemple interdit de danser correctement toutes les danses standards,  valse, tango, slow-fox et autres quick-step.

Une jupe ou une robe de danseuse doit tourner, laisser deviner vos jambes sans pour autant systématiquement les montrer, à vous de voir charmantes danseuses, jusqu’où vous accepter de montrer vos gambettes !

Pour les chaussures, là c’est le maxi plaisir du choix, des formes, ces couleurs, des hauteurs de talons.

Tous les fabricants, toutes les boutiques vous proposeront, sinon du sur mesure, du moins du sur commande, vous pourrez dans un même modèle choisir couleurs et hauteurs de talons.

Faites vous ce plaisir, achetez vous des chaussures de danse, vous y serez à l’aise pour danser !

Là encore soyez féminines, la danse de salon, le tango argentin, la salsa, se danse avec des talons… dont la hauteur doit être adaptée à vos habitudes bien sûr et à la taille de votre danseur attitré si c’est le cas.

Un conseil particulier pour les chaussures de tango argentin, cette danse se pratiquant souvent en extérieur, les chaussures de tango ont en principe une semelle de cuir, prenez-y garde lors de votre achat.

 

L’harmonie du couple de danse :

Pour être en harmonie avec son partenaire, il est de bon ton de s’habiller chaque fois que possible en harmonie de couleur.

C’est bien entendu la danseuse qui choisi et porte la couleur du couple, les plus élégantes porteront en rappel  des chaussures, un collier, un ruban, un chapeau à la couleur de leur robe.

Le danseur est lui le plus souvent habillé en noir pour que sa « discrétion » mette en valeur sa partenaire, toutefois rien ne l’empêche de porter une chemise ou une cravate au couleur de la robe de sa partenaire.

Mais la plus belle harmonie naitra de la synchronisation des pas sur la piste de danse et du plaisir que les danseurs montreront, notamment par leurs sourires, du bonheur qu’ils ont à danser ensemble.